Confédération Nationale de la Boulangerie- Pâtisserie Française
M. CROUZET Jean-Pierre
27, avenue d'Eylau
75 782 PARIS Cedex 16
M. le Président,
J'ai constaté, avec la mise en place du régime de remboursement complémentaire de frais de soins de santé, à quel point notre pays s'enlisait dans des mesures sociales de plus en plus marxistes que VOUS avez approuvé ! Je trouve en particulier :
- choquant d'imposer une complémentaire santé à toute une branche, les conditions d'affiliations étant identiques quelles que soient les entreprises. On sait pourtant que les entreprises artisanales n'ont ni la même structure, ni les mêmes capacités financières ; il est donc incohérent d'imposer à près de 35 000 entreprises différentes un régime identique. J'ai l'impression que cette nouvelle politique sociale est issue de celle des grandes multinationales ou des groupes nationaux (La Poste, SNCF...). Une fois encore on confond l'artisanat et les multinationales !
- choquant qu'on impose une complémentaire santé à des gens qui, pour la plupart, sont déjà garantis ailleurs et souvent à des conditions bien plus avantageuses, les obligeant alors soit à payer deux complémentaires soit à résilier celle qu'ils avaient souscrite auparavant. C'est donc cela une avancée sociale à la Française ?
- choquant que les employeurs supportent 50% du coût de la cotisation alors même qu'ils ne bénéficient pas de ces services. On ajoute une charge de plus aux entreprises sans se soucier d'en connaître, ni même d'en évaluer les conséquences ! Pourquoi ne pas imposer aux entreprises la prise en charge à 50% des frais de leurs salariés (loyer, crédits en cours etc etc...)
- choquant qu'aucun appel d'offre n'ait été fait auprès de plusieurs compagnies, afin d'obtenir logiquement un excellent rapport prestation/coût compte tenu du nombre d'assurés. Lorsqu'en plus on sait que vous siégez au conseil d'administration de AG2R... Curieuse coïncidence ! S'agit-il d'un "avantage compétitif" de la part d'AG2R ou bien d'une violation pure et simple des lois anti-trusts ??
La seule communication que vous ayez entreprise est d'envoyer en juillet un document ressemblant plus à une publicité qu'à un document officiel. Résultat : tous les boulangers l'ont pris pour une publicité et l'ont jeté !! Etait-ce, d'après vous, le meilleur moyen d'informer vos membres ? Cela ressemble fort à un projet bâclé, fait à la va-vite, dans l'intention d'imposer une mutuelle dans laquelle VOUS avez des intérêts. Cette attitude vous sera très dommageable pour l'avenir et par voie de conséquence, pour l'avenir de notre métier.
Aujourd'hui, notre profession est dans l'impasse car, par votre attitude, vous ne nous laissez pas d'autre choix que de ne pas verser les cotisations et donc, de nous mettre en position de hors-la-loi. Il s'agit d'un abus de pouvoir caractérisé ! Il me semble donc nécessaire de négocier un délai d'application qui permettra :
- de mieux communiquer sur ce projet dont personne ne conteste la légitimité.
- de lancer un appel d'offre auprès de différentes mutuelles. A ce propos, la déontologie voudrait que vous ne favorisiez pas une mutuelle dans laquelle VOUS avez VOS intérêts...
- de renégocier les conditions d'affiliation
En espérant que vous aurez la sagesse et la volonté de débloquer cette situation, veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.
Copiez-collez cette lettre et evoyez-là à M. CROUZET dont l'adresse figure ci-dessus.
Là, ça devrait commencer à être parlant.
Conclusion ?

